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Google nous rappelle que si l'on veut changer les règles du jeu, on doit construire sa réussite sur le risque de l'expérimentation. (Antoine Riboud)

L’avenir de la popularité : constat et enjeux / 7 janvier 2009

Depuis les prémisses du Web, les liens constituent la monnaie d’échange. Cela va-t-il durer ? Un nouveau modèle de sites Web émerge. Nous passons de sites vitrines ou brochures à des sites Web qui ressemblent à des places publiques, là où se tiennent des conversations. La pertinence des pages, basée principalement sur les liens, ne va-t-elle évoluer vers la prise en compte de l’interaction ?

En 1997, le Web n’était qu’un espace de publication. Les webmestres “bricolaient” leurs pages Web, sans se soucier des problématiques de référencement, d’accessibilité et d’ergonomie. Quatre ans auparavant, le moteur Veronica indexait uniquement les pages sur la base de leur titre. Ensuite, AltaVista débarqua avec son moteur. Celui-ci indexait en texte intégral. Seulement, à cette époque, le marché de la recherche Web était immature. Les utilisateurs se posaient une question : Que peut-on trouver sur le Web ?

Jon KleinbergAlors que Yahoo! lance son annuaire, Google innove en 1997 avec son algorithme PageRank (assez proche de l’algorithme HITS de Jon Kleinberg, et surtout à la même époque). Cet algorithme mesure la popularité des liens, ce que les experts en référencement nomment indifféremment la popularité ou notoriété.

L’acquisition de liens offre aux pages liées davantage de popularité, ce qui ne signifie pas cependant que les pages les mieux positionnées soient les plus pertinentes. Ceci est d’autant plus vrai que certains liens acquis par des smart seo (les petits futés) sont indétectables. L’aveu de faiblesse de Google est patent sur ce point. Il suffit de lire Matt Cutts pour s’en convaincre.

Du lien à l’interaction, ou les deux ?

Ce modèle de popularité par les liens, qui a 10 ans, est-il souffreteux ? Basé sur le modèle de publication, avec le fameux PageRank, ce modèle ne va-t-il pas évoluer vers davantage d’interaction, d’engagement et de dialogue ? Quels vont être les prochains signaux qu’utiliseront les moteurs de recherche dans un Web plus uniquement textuel mais riche (vidéos, photos, podcast (ballado-diffusion), etc.) ?

Le constat est net. Les utilisateurs recherchent des expériences plus riches, les moteurs vont donc devoir s’adapter pour proposer des résultats toujours pertinents.

Le système de classement évolue sans doute déjà.

  • Google n’a-t-il pas lancé Google SearchWiki aux Etats-Unis ?
  • IE8 ne transmet-il pas par défaut les habitudes de navigation de ses utilisateurs ?
  • Microsoft n’a-t-il pas déposé un brevet intitulé BrowseRank, lequel classe les sites en fonction de paramètres de navigation (durée de visites, pages vues, etc.) ?
  • Google ne propose-t-il pas de partager ses statistiques de manière à évoluer vers des services de datamining sectoriel ?
  • La Google Toolbar n’est-elle le parfait exemple illustrant la prise en compte de données utilisateurs dans un souci d’amélioration continue ? Cela me fait penser à ce que disait Bill Gross lorsqu’il affirmait qu’un moteur de recherche s’améliore au fur et à mesure que l’on s’en sert.
La recherche combinera les données associant les réseaux sociaux et les références documentaires (cf. PageRank) afin de produire un double niveau de crédibilité (socialement avancée) des résultats.

Toutes ces évolutions nous amènent à penser que l’interaction, dans un monde dominé par le Web 2.0 et ses sites sociaux (Facebook, MySpace, LinkedIn, Twitter, Dopplr, etc.), ou plus exactement le comportemental fera partie des métriques Web du futur. Certains spécialistes américains (je pense à Mike Grehan, Danny Sullivan et Rand Fishkin) estiment que la recherche combinera les données associant les réseaux sociaux et les références documentaires (cf. PageRank) afin de produire un double niveau de crédibilité (socialement avancée) des résultats. Un algorithme mêlé à la sagesse des foules, en quelque sorte.

Le référencement n’est plus une question de technique

Le référencement n’est plus une question de technique, s’affirmant plus que jamais comme une action marketing, pivot des plans media online. Dans quelques années, lorsqu’il aura acquis ses lettres de noblesse, de nouveaux métiers débarqueront dans le marketing en ligne. Pourquoi pas des postes de gestionnaires de communautés ?

Le social media prendra peut-être le pas sur le référencement naturel, lui-même amené à changer de nom, les sociétés comprennant que les batailles marketing ne se jouent pas uniquement au niveau des pages de résultats des moteurs. Mike Grehan avance même dans son dernier livre blanc que « The Ten Blue Link must die ».

Cela posera une autre question sous-jacente : dialoguer, c’est bien, fidéliser, c’est mieux, seulement il faudra être capable de faire sa propre introspection pour savoir où chaque société souhaite aller. Toute société est, en son sein, une société de média. Faut-il encore en prendre véritablement conscience ? Le Web des débuts prend un sacré coup de vieux … le grain de folie du siècle dernier n’existe sans doute déjà plus.

8 commentaires

  1. Tout à fait d’accord, d’ailleurs, j’avais écrit un billet expliquant qu’on ne faisait pas de référencement en justifiant cette évolution du classement des sites par les moteurs :
    http://www.elitwork.com/actualite-referencement_elitwork.html

    Le SEO sera bientôt mort, il restera le Marketting et l’Ergonomie comme partout ailleurs…

    Commentaire par Nicolas F. — 8 janvier 2009 @ 11:37

  2. Non le SEO n’est pas mort ! et ne l’ai pas de si tot !
    Aujourd’hui, tout le monde ne connait meme pas l’existence de ce métier ! Peut etre que la branche SEO est en cours de structuration, de mutation, de spécialisation… mais vraiment loin d’être mort !
    Dans l’analyse au dessus, il y a 2 piliers : le SEO et le « social »… donc le SEO fait bien partie du nouveau modèle.
    Et le futur modèle ne pourra pas être uniquement basé sur le social car le spam est bien trop facile !

    Commentaire par Miniatures Ferrari — 8 janvier 2009 @ 14:13

  3. Très bon travail, mais il y a une par de spéculation, combien de temps cette évolution prendra telle encore faut il que le côté social prennent le pas sur le web. Le web 2.0 participatif est un effet de mode, les forums et les sites avec communauté existait depuis bien plus longtemps. L’exemple d’un des plus grands succès de la toile francophone est justement Koruuus. Il ne suffit pas de faire dans le tape à l’oeil pour percer…

    Commentaire par Footix — 8 janvier 2009 @ 16:02

  4. @Miniatures Ferrari : L’orthographe existe depuis longtemps, c’est pas pour ça que tout le monde connaît, et c’est pas pour ça qu’elle n’est pas morte ;) .

    Commentaire par Nicolas F. — 9 janvier 2009 @ 17:17

  5. Très bon article comme d’habitude !!
    je suis plutôt un SEO convaincu (@Nicolas F: qui ne verra pas mourrir son métier mais le verra évoluer …) mais je suis convaincu aussi que l’on va évoluer vers un modèle hybride prenant en compte des interactions. D’ailleurs je suis plutôt amener a penser que ces interactions seront prises en compte plutôt on-site que off-site (facebook & co) dans un premier temps pour évaluer de la pertinence d’un site. et que les moteurs de recherche resteront les juges de la pertinence en évaluant la qualité des sites avec un mix de ces différents critères (technique, contenu, popularité, interactions)

    J’écrivais justement un article ce matin sur la mesure de ces interactions internes avec google analytics. Comme le critère des liens entrant n’est pas encore mort je me permet de faire un lien comme ça complète bien le sujet :)
    Le suivi des évènements dans Google Analytics

    Commentaire par noid — 10 janvier 2009 @ 15:41

  6. Merci pour tous ces commentaires très enrichissants. Peut-être que le référencement persistera pour les petits sites Web, et que le social sera une couche de plus dans une stratégie long-terme, orientée « grands comptes » ou e-commerce. Parler de révolution est certes un peu fort, une évolution plutôt … reste encore à avoir quelque chose à dire d’intéressant pour soi et pour les autres. Merci à vous et bonne année ! :)

    Commentaire par aldbriand — 10 janvier 2009 @ 21:56

  7. Bonjour,

    J’ai publié un article récemment sur ce sujet en y ajoutant un élément en plus, l’arrivé du web sémantique.
    Je curieux de voir ce que vous en pensez:
    http://www.camilleroux.com/2009/03/15/avenir-du-referencement-est-semantique/


    Camille Roux
    http://www.camilleroux.com/

    Commentaire par Camille Roux — 16 mars 2009 @ 8:27

  8. Le SEO existe au sein même du SMO et vice versa.
    De plus pour l’instant, google, ca reste tout de même 90% des visites de la plupart des sites.

    Commentaire par Centrale de réservation — 25 août 2009 @ 16:15

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