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Google nous rappelle que si l'on veut changer les règles du jeu, on doit construire sa réussite sur le risque de l'expérimentation. (Antoine Riboud)

Les bonnes pratiques du lien hypertexte / 4 novembre 2008

Le lien hypertexte vu par l’ergonome, l’expert accessibilité et le référenceur.

Que dit l’ergonome Web au sujet du lien hypertexte ? Est-il en accord avec l’expert en accessibilité, dont le travail vise à ce que tout le monde, y compris les personnes handicapées, ait accès à l’information ? Parmi ces « personnes handicapées » se trouve Google, dont la cécité est le cheval de bataille du référenceur professionnel.

Les liens représentent la monnaie du Web : ils ont à la fois une fonction d’intermédiaire dans les échanges et expriment de la valeur entre deux pages Web. Comme sur un marché boursier, un lien se « swape », s’échange, à l’instar des produits dérivés financiers. Il cristallise un contrat d’échange de jus de notoriété (les américains parlent de « link juice ») entre deux contreparties.

Le lien hypertexte représente une interface de navigation intuitive.

On ne le dit jamais assez, mais le lien hypertexte représente aussi une interface de navigation intuitive. Le lien sous tend un clic dont les deux versants, physique et mental, doivent être pris en compte. D’ailleurs, la difficulté physique liée au clic est probablement moins difficile que sa difficulté mentale.

Le lien hypertexte met tout le monde d’accord

Aujourd’hui, il semble que l’ergonome Web, l’expert en accessibilité et le référenceur professionnel soient unanimes dans l’appréhension de cet objet HTML si précieux, irriguant les pages Web depuis les origines, source du moribond PageRank et du dernier-né TrustRank.

Ce que dit l’ergonome Web :

  • 1) Indiquez le plus explicitement ce vers quoi le lien pointe (attention au syndrome du « cliquez ici », du « en savoir plus », ou sur certains sites, du « cliquez ici pour en savoir plus »). Dans son livre « Ergonomie Web », Amélie Boucher l’explique ainsi : « Si l’internaute a l’impression de réfléchir et doute de l’issue de son clic, alors vous avez perdu la première partie de la bataille ». Un lien non explicite ressemble un peu à un lien de navigation mystère, l’utilisateur n’est pas en mesure d’anticiper sa destination avant de cliquer.
  • 2) Intégrez des liens à votre contenu, dans les paragraphes de texte. Ne réservez pas la navigation aux barres de menu ! Et, Jakob Nielsen de rajouter, chiffres à l’appui, dans son livre « Priorité à la simplicité » (page 35) que le lien éditorial (présent dans une zone de contenu) est l’élément le plus cliqué dans une page Web.
  • 3) Pensez à la taille de vos liens. Plus un lien est grand, plus il est visible et donc facile à cliquer. La loi de Fitts (expliquée d’ailleurs sur Tutoweb) l’explique ainsi : « Une cible est d’autant plus facile à atteindre qu’elle est proche et grande ».

Ce que dit l’expert accessibilité :

    La bonne règle, c’est de ne pas utiliser l’attribut TITLE.
  • 1) Pensez à nommer vos liens de manière explicite et non identique. Un lien « lire la suite » n’est pas accessible dans la mesure où il n’est pas compréhensible hors contexte. L’expert en accessibilité fait donc la chasse aux libellés non explicites suivants : « lire la suite », « cliquez ici », « pour en savoir plus », ainsi que les liens sur les noms de domaine, à l’instar de www.monsite.com. Il déconseillera cette typologie d’intitulé dans la mesure où la synthèse vocale Jaws ne lit pas, par défaut, l’attribut TITLE, nécessaire pour apporter des informations complémentaires aux kyrielles de liens non explicites et identiques disséminés sur le Web. En effet, Jaws ne propose la lecture de cet attribut qu’en option, ce qui ne permettra pas à un utilisateur non-voyant de comprendre un lien non explicite si JAWS est mal paramétré. Son mode de consultation est soit l’intitulé soit le TITLE soit le plus long des deux, contrairement à Window Eyes, qui propose une restitution à la volée. Très compliqué pour les utilisateurs de lecteur d’écran, la bonne règle est de ne pas l’utiliser.
  • 2) Préférez des libellés en dur dans le HTML car l’attribut TITLE n’est qu’une béquille, ce que préfèrera le référenceur professionnel, qui sait que cet attribut TITLE n’est pas pris en compte par Google (je crois lire ici ou là que les choses changeraient ?). Là encore, l’attribut TITLE n’est pas la panacée car il n’est pas visible si l’accès au site s’opère par le clavier.
  • 3) Pensez à la limite des 80 caractères (cf. référentiel AccessiWeb version 1, plus tout à fait vrai pour le nouveau référentiel, plus proche des normes WCAG), que ce soit pour un intitulé textuel ou une image-lien (par le biais de l’attribut ALT). Pourquoi ? Tout simplement parce qu’une plage braille se compose de deux lignes de 40 caractères. La limite de 80 caractères incite donc le rédacteur Web à être concis. Cela lui offre toutefois la liberté de proposer un lien de bonne taille, donc plus facile à cliquer (loi de Fitts) et potentiellement plus robuste pour le référencement éditorial.

Ce que dit le référenceur professionnel :

  • 1) Optimisez vos intitulés de liens avec deux ou trois mots clés (si possible), en gardant à l’esprit que Google est aveugle. Si le référenceur vocalise (et j’essaye de m’y tenir dans mon quotidien) le libellé du lien, alors il doit être en mesure d’en comprendre explicitement la destination, dont le titre de la page est d’ailleurs en cohérence.
  • 2) Optez pour des libellés de liens significatifs. Le référenceur hait en théorie les liens non explicites de type « cliquez ici ». Dans la pratique, il les corrige. La limite de 80 caractères est largement suffisante pour faire fi du « keyword stuffing ». Notons à ce titre que la majorité des annuaires en lien dur n’accepte que 50 caractères par titre (jusqu’à leur décrépitude …). Du point de vue de la taille, un lien accessible est donc un lien optimisé.
  • 3) Obtenez des liens référents dans des paragraphes P, des listes à puce OL, UL, LI, ce que le référenceur appelle « liens éditoriaux ». Plus difficile à acquérir, un lien éditorial est unique dans une page Web (en général). Il n’est donc pas transversal (c’est-à-dire placé au même endroit dans une zone de blogroll par exemple), ce qui le rend plus puissant aux yeux de l’oracle de Mountain View. En effet, Google donne davantage de valeur aux liens éditoriaux. « Beware of sitewide linking ! », peut-on lire sur SEObook. Davantage cliqués par les internautes, ils ont aussi l’avantage d’être ergonomiques (confortables dans l’effort physique et mental) et enrobés de texte.

Liens et intitulés : soyez spécifiques et généreux

Alors ? Qu’en pensez-vous ? On écrit en priorité pour nos lecteurs, or Google en est un, secondaire certes ! Encore non pourvue d’intelligence artificielle, il est aveugle, ce qui ne doit pas, à mon avis, être considéré comme une contrainte mais plutôt comme un avantage à exploiter pour rendre vos liens à la fois ergonomiques, accessibles et optimisés pour le référencement.

Writing for the Web 3.0Comme le dit Crawford Kilian, « every sentence, every phrase, every word has to fight fort its life », « chaque phrase, chaque expression, chaque mot doit se battre pour exister ». La sélectivité éditoriale, énoncée par Jean-Marc Hardy dans Plume Interactive, concerne donc aussi bien les contenus que les liens.

Oublions donc les liens non explicites ! De toute façon, ces liens sont ennuyeux, comme certains de nos titres de pageSoyez également généreux, n’ayez pas peur de donner, de vous ouvrir sur l’extérieur, y compris en target self (fenêtre courante) ! Je suis intimement convaincu que vos lecteurs vous le rendront au centuple …

Twitter epokhe - Arnaud Briand Haut de page