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Google nous rappelle que si l'on veut changer les règles du jeu, on doit construire sa réussite sur le risque de l'expérimentation. (Antoine Riboud)

Et si le PageRank Google était in fine son talon d’Achille ? / 1 février 2007

Est-il imaginable que la technologie phare de Google, celle qui l’a fait connaître, et qui a participé à son rayonnement, le PageRank, puisse le mettre à genoux ?

Depuis près de 8 ans, Google règne sur le monde du search. Aucun autre moteur n’est actuellement en mesure de détrôner l’hégémonie du géant américain. Les concurrents (Live, Yahoo !, Exalead, Ask …) se contentent des miettes, celles qui représentent le solde des 47% de la recherche en ligne aux Etats-Unis, et 70 % en Europe. En France, sa part de marché atteint les 87% (chiffres de la fin de l’année 2006).

Seulement, est-il imaginable que la technologie phare de Google, celle qui l’a fait connaître, et qui a participé à son rayonnement, le PageRank, puisse le mettre à genoux ?

Vous me direz ! Que neni !

Seulement, depuis déjà quelques temps, certains sites Internet de renom achètent des liens sur des sites de contenu. La pratique est courante aux Etats-Unis. Pour certains d’entre eux, la structure du lien importe peu. Seul le PageRank du site est pris en compte pour déterminer la valeur du lien.

Que ce soit les comparateurs de prix, les portails high-tech et les sites de sports, la valeur d’un lien varie entre 15 €uros et 120 €uros par mois, sachant que le PageRank détermine principalement l’échelle de rémunération. Avec de tels niveaux de rémunération, le marché qui s’ouvre est énorme.

A ce stade, vous me direz, mais où veut-il en venir ?

Google classe les sites web en tenant compte, d’après les différentes sources, de près de 100 critères, liés notamment à leur structure et à leur maillage.

Le maillage rémunéré créé donc fictivement de la spontanéité

Or, si la communauté suit la démarche du netlinking payant, alors Google perdra le contrôle de son algorithme de classement. En effet, comment peut-il apprécier l’existence d’une relation commerciale entre deux sites Internet si la collaboration se fonde sur l’achat et la vente de liens en dur ? La réciprocité est caduque, ce qui signifie, aux yeux des moteurs, que le lien est spontané. Le maillage rémunéré créé donc fictivement de la spontanéité.

Le maillage rémunéré, associé à des objectifs de long-terme, trouble l’algorithme de Google.

Le maillage rémunéré, associé à des objectifs de long-terme, trouble l’algorithme de Google. Il l’induit en erreur. Nous savons également (toujours des suppositions) que Live Search bannit les sites qui échangent des liens entre eux en dehors de leur thématique respective. Seulement, nous parlons toujours et encore d’échange de liens. Est-il possible de contrôler les échanges fondés sur des contreparties financières ?

En effet, je ne crois ni aux échanges systématiques ni aux relations triangulaires.

L’objet de cette réflexion n’est pas de déterminer la valeur d’un lien, qui dépend de la notoriété de la page, de l’encapsulation de l’ancre, etc., mais de pointer du doigt une des failles de l’algorithme de Google. En matière de référencement naturel, il faut toujours garder à l’esprit que Google sera toujours plus intelligent et plus fort que la communauté des professionnels du search. Mais force est de constater que le maillage rémunéré, considéré comme une technique de spam par Google (cf. Matt Cutts et son blog), est un moyen efficace de développer sa notoriété et ainsi accroître sa visibilité. A chacun ensuite de bâtir ses propres critères d’éthique, sachant que l’expérience des utilisateurs arbitrera la qualité de votre contenu. Il est bien entendu qu’un marché tel que le maillage rémunéré est susceptible d’échapper à Google, c’est pourquoi l’ogre se fâche en mettant au banc des accusés ceux qui le pratique.

Article SEOMoz sur les liens indétectables [lien externe en anglais]Et, pourtant, Google a admis récemment (cf. son blog) qu’il lui était impossible de détecter certains liens (« undetectable spam » comme il dit). Un fil de discussion sur le Site de l’agence SEOmoz y fait référence. Du coup, les détenteurs de blogs ont devant eux un champ d’action d’autant plus important que des liens embarqués naturels (au sein d’un corps de contenu) seront peu ou prou détectables. La guerre des blogs ne fait-elle donc que commencer … ?

Est-ce que Google, si omniscient, menaçait pour inspirer la crainte ? De toute évidence, le maillage rémunéré est un problème dans un système où le lien est la killer application du référencement. L’avenir nous dira probablement si cette crainte signifie in fine que Google est au bout de son système …

Bill Gross, d’Idealab, l’inventeur d’Overture et des liens sponsorisés, du moteur GoTo et du logiciel Picasa, n’était-il pas déjà persuadé, en 1998, à l’époque où les moteurs ne fonctionnait plus en raison de l’envahissement du spam, que toute approche algorithmique serait tôt ou tard balayée par les spammeurs (les chapeaux noirs ou « black-hat seo ») ?

La généralisation du maillage rémunéré est loin d’être mature en France. Cependant, cette fois, elle ne concernera sans doute pas que les chapeaux noirs. Les chapeaux blancs (« white-hat seo ») rentreront sans doute dans le jeu … Google fera-t-il face à une quadrature du cercle ?

Pour aller voir ailleurs sur ce vaste sujet :
Google – Digital Millennium Copyright Act
Search Engine Journal – V7N Contextual Links : Link Buying Service for SEO & Bloggers
Make Money Blogging avec Blogitive

5 commentaires

  1. Le raisonnement parait très juste, ces liens sont indétectables donc pourquoi les blogeurs s’en priveraient.

    Seul point positif, celà pourrait ouvrir le marché à d’autres moteurs de recherche comme Exalead…

    Commentaire par Jérémy Leparoux — 5 février 2007 @ 11:57

  2. Vendre des liens parce qu’ils ont un bon PageRank, je rebondis sur ton très bon article avec ce billet :p http://www.outil-referencement.com/blog/index.php/346-pagerank

    Commentaire par Outils référencement — 5 février 2007 @ 13:14

  3. Ce qu’il faut voir c’est que si un site achète des liens c’est qu’il fait des efforts sur son qualitatif quelque soit le domaine…
    Spam, peut-être, mais spam par des sites qui veulent se donner les moyens de leur réussite…quelqu’en soit le domaine. C’est sans doute plus honorable que de lancer un crawler sur internet qui remplira tous les formulaires qu’il rencontre.

    Commentaire par Rémi — 6 avril 2007 @ 8:42

  4. Bien d’accord avec toi Rémi ! Acheter des liens permet effectivement de bien arbitrer sur leur qualité. L’annonceur monte en gamme en quelque sorte. Je crois que le terme « spam » est surtout là pour inspirer la crainte, car Google ne peut pas tout contrôler.
    Merci pour ce commentaire !

    Commentaire par aldbriand — 6 avril 2007 @ 9:49

  5. [...] Le PageRank, le talon d’Achille de Google ?1 février 2007 [...]

    Ping par La tyrannie du contenu — 3 mai 2007 @ 20:32

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