Le Web 2.0 est-il une révolution ou simplement un approfondissement du niveau d’interactivité ?
Netvibes, 6Nergies, DailyMotion, Skype … des néologismes, un peu barbares, qui s’imposent chaque jour un peu plus à travers le monde. Ils reflètent la nouvelle façon de vivre avec le monde … via l’Internet.
C’est le Web 2.0. Il représente le cinquième pouvoir, après l’exécutif, le législatif, le judiciaire et celui des médias. Le Web 2.0, une révolution technologique, communautaire ? Philippe Lemoine, président de la FING (Fondation internet nouvelle génération), est plus modéré. Le terme “révolution” est, selon lui, exagéré dans la mesure où le Web 2.0 cristallise davantage un approfondissement du niveau d’interactivité. Parlons donc à cet effet d’évolution dans la révolution Internet. Plus on est nombreux, plus il y a une probabilité de rencontrer celui ou celle dont on a besoin.
Les frontières et les censures sont enfoncées (en Iran ou en Chine, les autorités n’ont pas réussi à museler les blogs), les circuits contournés (ceux de l’édition musicale en particulier), les institutions et leurs représentants bousculés. Avant, le monde était juxtapositions d’ordres. Maintenant, au rythme de la création d’un blog toutes les 4 secondes, le monde est devenu une immense fourmilière qui s’auto organise … pour l’instant ! Aujourd’hui, les citoyens se retrouvent par affinité. Ils parlent et ils agissent. Du coup, c’est le branle bas de combat dans tous les états-majors, qu’ils soient industriels, commerçants ou politiques.
Les blogs, les réseaux sociaux …Qu’est-ce que ça change ?
Les blogs
L’institut Gartner prévoit notamment que le début du déclin des blogs devrait intervenir au premier semestre 2007. Selon l’étude, le pic du nombre de blogueurs devrait atteindre 100 millions dans la première moitié de 2007. La lassitude gagnerait donc les rangs des blogueurs puisque le nombre d’ex-bloggeurs est estimé à 200 millions. Pas si sûr, selon David Abiker, qui évoque, dans son livre “Le mur des lamentations”, que les blogs ont encore un bel avenir.
En effet, il existe, selon lui, trois grandes catégories de blogs :
- le blog “moi”, le journal intime
- le blog “toi”, qui transmet un savoir-faire
- le blog “nous”, c’est-à-dire le blog politique, celui qui porte les grandes causes
Les blogs d’adolescents, les skyblogs sont surranés; les blogs “lus” sont les blogs “toi” et les blogs “nous”, c’est-à-dire ceux qui transmettent de la connaissance ou qui militent pour des causes. Ces types de blogs représentent un nouveau “mass media”. Bien qu’un blog représente une activité chronophage, ce nouveau média a de l’avenir puisque le citoyen, dans sa vie quotidienne, picore. Le blog fait désormais partie intégrante du panachage de la consommation de l’information.
Et, si le blog devient trop chronophage, puisque 80% d’entre eux ferment après 6 mois de création, alors les réseaux sociaux sont une alternative pour se créer une identité virtuelle …
Les réseaux sociaux
A côté de l’identité physique, une identité virtuelle s’impose. Alors qu’un individu professionnel était amené à rencontrer environ 5 000 personnes tout au long de sa carrière, les réseaux sociaux permettent de démultiplier les possibilités.
En substance, Alain Lefebvre, fondateur de la plate-forme 6nergies, le dit ainsi :
La grande leçon des années 2003-2006, c’est qu’un individu professionel se doit d’exister sur Internet. En effet, 40% des usages sur les moteurs de recherche se fait sur des noms propres. Avant de rencontrer un individu, une recherche sur un moteur de recherche vous permet de connaître l’épaisseur et la réputation de votre interlocuteur. Or, dans la mesure où l’entretien d’un blog est très chronophage, les réseaux sociaux trouvent donc leur pleine justification. Ensuite, le Saint-Graal de l’identité numérique, c’est d’avoir son profil sur Wikipédia. Mais là, les élus sont peu nombreux …
Alors que le Web 1.0, avec près d’un 1,2 milliard d’utilisateurs à travers le monde, permet de surfer, naviguer et commander en ligne, le Web 2.0 permet de faire remonter du contenu (textes, sons, vidéos) de la part des internautes. En fait, le Web 2.0, c’est-à-dire la force de l’interactif, n’est-il pas la pierre philosophale du capistalisme puisque c’est l’utilisateur qui créé les contenus (user generated content) ?
Source : L’émission Rue des entrepreneurs du samedi 16 décembre 2006, France Inter